Pour toi qui est différent

J’avais peur, je dois le reconnaître,
Mais ça, c’était avant, avant de te connaître,
J’avais peur comme on craint ce qu’on ne connaît pas,
J’avais des préjugés, toi tu n’en avais pas.

Je ne savais pas ce qu’il fallait te dire,
Si tu me comprenais, les gestes à proscrire,
Si tu étais, pour moi, un adulte, un enfant,...
Mais j’ai compris très vite : tu es toi, simplement.

Tu es venu vers moi, visage souriant,
Tu m’as pris par la main, d’un geste rassurant,
Moi, je voulais t’aider, c’est toi qui m’a guidée
Et notre « différence » s’est, très vite, effacée.

Si tes yeux sont bridés, je le sais aujourd’hui,
C’est d’offrir, tout le temps, ce visage ravi,
Si ton cœur est si gros, c’est pour mieux contenir,
Tout cet amour, immense que tu veux nous offrir.

Veux-tu que je te dise où est la différence ?
Toi, tu sais tout donner, sans pudeur , sans méfiance,
Moi, de mon côté, j’apprends à regarder,
Derrière le handicap, ta belle humanité.

La tolérance, vois-tu, c’est quand l’intelligence,
Pas celle de l’esprit, mais bien celle du cœur,
Réussit à gommer toutes les différences,
A reconnaître, chez l’autre, sa véritable valeur.

 

Ecrit par Massanie (lespoetes.net)