Des troubles qui peuvent être liés . . .

Les troubles associés :

Certes le tableau clinique d'un enfant atteint de diplégie spastique est fortement marqué par le trouble moteur. Cependant, d'autres grandes fonctions peuvent être perturbées, entraînant alors des difficultés d'apprentissage supplémentaires. Quoi qu'il en soit, "chaque enfant" va présenter une association unique de symptômes. Ainsi toutes les combinaisons et associations entre ces troubles peuvent se rencontrer, ce qui confère à chaque enfant un tableau clinique qui lui est propre.

 

 

Atteinte bucco-faciale :

Leur intensité est variable mais modérée dans le cadre d'une diplégie spastique. Toutefois il existe une atteinte de la bouche et du visage rendant la mastication et l'articulation difficiles, et nécessitant une prise en charge orthophonique.

Bien qu'une incoordination de la musculature oro-faciale soit à l'origine d'un retard dans l'acquisition de la parole et du langage, le langage demeure habituellement intact.

De plus on retrouve fréquemment une incontinence salivaire associée qui contribue aux difficultés d'alimentation et de déglutition.

 

 

Troubles vésico-sphinctériens :

Ces troubles sont mineurs et pas toujours présents : énurésie nocturne, miction impérieuse avec fuite déclenchée par une émotion ou par le rire, fuites inter-mictionnelles perçues ou non … Cependant, la gêne sociale secondaire à ces troubles, nous encourage à la vigilance.

 

 

Troubles de la vue :   

Beaucoup de régions du cerveau interviennent dans le contrôle du regard et dans l'interprétation de ce qui est vu, et il est donc bien rare que l'une de ces régions ne soit pas touchée par la lésion qui est à l'origine de l'IMC. Ainsi, des lésions de l'appareil oculaire existent dans 70 à 85 % des cas surtout chez l'ancien prématuré.

 

L'enfant a fréquemment des difficultés à contrôler la direction de son regard (troubles de la poursuite oculaire ou nystagmus) et donc à fixer un objet précis ou à explorer son environnement de manière cohérente.

 

Le contrôle est souvent meilleur dans le sens horizontal que dans le sens vertical : cela a une incidence sur la lecture, l'enfant ayant du mal à passer sans erreur à la ligne suivante. Et bien sûr, cela affecte la façon dont l'enfant perçoit son environnement, les mouvements ou les lignes horizontales étant mieux perçus que les lignes verticales.

 

Les deux yeux ont beaucoup de mal à se coordonner, d'où un strabisme alterné, entraînant souvent une vision double (la fixation est prise tantôt par un oeil tantôt par l'autre). L'enfant a alors du mal à interpréter ce qu'il voit et à construire une image cohérente du monde qui l'entoure, car la vision binoculaire, nécessaire à la perception de la troisième dimension (distance, profondeur, relief, perspective), est compromise. La perception des obliques est également perturbée.

 

Dans ces conditions, l'enfant perçoit un monde instable, flou, en perpétuelle modification. On comprend alors qu'il ait les plus grandes difficultés à acquérir les notions d'espace, de permanence des objets ou les relations de cause à effet, et qu'il ait une mauvaise reconnaissance des formes. De plus, l'enfant ne sait pas que les autres ne voient pas le monde comme lui.

 

Il existe également des difficultés de coordination oculo-manuelle qui rendent inefficace le repérage spatio-temporel. Ceci a un impact sur la capacité de l'enfant à décrire une image, une scène qu'il a vécue, ou une histoire qu'il a lue ou entendue.

 

Tous les "modules" de la fonction du regard peuvent donc être touchés (binocularité, fixation, poursuite, exploration), isolément ou en diverses associations.

 

Dans la rubrique "Trucs & astuces" dans l'onglet "Aides visuelles", vous trouverez des moyens, des aides, des anecdotes et expériences qui ont été développés au travers d'un apprentissage relâtivement difficile mais important et enrichissant.

 

Incidences sur la scolarité :

Les troubles des apprentissages scolaires sont systématiques, bien que l'intelligence soit conservée. Ils sont en grande partie liés aux troubles visuels évoqués précédemment.

 

On retrouve essentiellement un retard au cours préparatoire et pendant les classes élémentaires, pour l'acquisition de la lecture (problème de contrôle de la direction du regard) et de l'écriture (dysgraphie). De plus, en maternelle l'accès à la représentation graphique est perturbé. Dans l'ensemble, les dessins de l'enfant sont pauvres, peu ou mal structurés, non figuratif, avec des traits mal orientés et mal liés, et une mauvaise utilisation de l'espace de la feuille.

 

Les difficultés de dénombrement liées à un manque de stratégie visuelle vont fragiliser la notion du nombre qui reste très abstraite sans aucun appui sur le concret. Ceci renvoie fréquemment à des problèmes de dyscalculie spatiale*.

 

Dyscalculie spatiale : Difficulté à acquérir et maîtriser les différentes connaissances nécessaires aux mathématiques.

 

 

La construction des notions spatiales pour laquelle le regard joue une fois encore un rôle central, est également perturbée. Ce sont en effet les mouvements du regard qui renseignent le cerveau sur les relations topologiques que les objets qu'on regarde entretiennent les uns avec les autres, ainsi que sur leurs orientations propres (obliques, symétries, perspectives). Par conséquent, l'apprentissage des praxies nécessitant un contrôle visuo-spatial, l'accès à la troisième dimension, l'acquisition des notions géométriques même élémentaires, et les activités de repérage à partir d'un plan, seront affectées.

 

 

Troubles praxiques :

La très grande majorité des enfants diplégiques spastiques présente une dyspraxie visuo-spatiale ou dyspraxie visuo-constructive. Elle associe :

Un trouble de la réalisation du geste secondaire à des anomalies touchant les fonctions de planification et de préprogrammation des gestes volontaires (dyspraxie), et ce, indépendamment des déficiences purement motrices.

 

Un trouble du regard se traduisant par un défaut d'organisation et de contrôle, que nous venons de détailler.

 

Un trouble de la construction de certains composants de la spatialisation (incapacité d'organiser l'espace selon des critères topologiques).

 

Ainsi, le jeune enfant va éprouver d'énormes difficultés dans les activités d'assemblage de divers éléments, de construction d'un ensemble unifié et organisé, du fait des troubles spatiaux dont il souffre. C'est ce qu'on appelle la dyspraxie constructive. Or, les enfants atteints de ce type de dyspraxie sont les mêmes que ceux souffrant de troubles du regard (même si le lien de cause à effet n'a jamais été prouvé).

 

 

Epilepsie :

Elle est rarement retrouvée dans le syndrome de Little (4 à 5% seulement), et rentre notamment dans le tableau clinique des formes sévères où l'intelligence est le plus souvent altérée. Quoi qu'il en soit, l'épilepsie est un facteur aggravant le pronostic.